LE 09122014C

Bonjour à tous,
VALLS est le 1er ministre ,le plus mauvais de la 5éme république
Il y a eut un truc comique, mais, franchement trop ,trop marrant,je ne devrais pas,mais là, BALAISE !!!!!
cela prouve , à quel point ,certains ,comme Valls Hollande ,Hidalgo ,etc…… , !sont à l’ouest mais, franchement trop ,trop marrant, sur une chaineTV quelconque ;un journaliste interview une nana dans la salle d’expo,ou,un invité de GAUCHE(je ne me rapelle plus ,dela personnalité,)bref, c’était la fin ,les gens rentrent chez eux,,la salle se vide ,le journaliste lui demande , comment ,elle trouvait la personne ,qui avait parlé,qui avait été invité(je ne m’en rappelle plus !!:)Bref la na na lui sort un truc,comme ça et elle dit :Cela ne s’rait pas comme ça, si ,on était au pouvoir !Euh,OUAI,qui est ce qui dirige ????HOLLANDE, je crois ..,ça me rappelle cette pub, ou l’on voit les 5 acteurs sosies ,qui sont dans un camping car et qui se rende –comptent que le camping car se dirige tout seul( c’es ki ki dirige,)si vous en avait encore d’autres comme ça chuis preneur !!!

je rentrais de course(courses de NOEL)bref, et ,vraiment comme par hasard, mais vraiment, vraiment ,en allumant la TV ,je tombe sur qui ?,’’BFM’’ sur un soi disant journaleu qui pose des questions aussi stupides les une que les autres à FLORIAN PHILIPPOT(NON ,mais ,franchement, vous les trouvez ,ou ?,vous le faites exprès , pour qu’ils ne posent des questions aussi bétes, Dites moi, vous les choisissez ,je ne vois que .ça, genre :plante verte, qu’on met sur un meuble, comment dévaluer la professionP-T—N vous avez d’jà bien attaqués) FLORIANT PHILIPPOT s’exécute et répond malgré tout . Voici le genre de questions, d’affirmations et de réponses posées’’ oui, mais, c’est parce que, vous avez mauvaise réputation ,que l’on ne vous prête pas l’argent, c’est sûr que si c’était L’UMP, avec l’autre escrocs feuge ,on ne lui demanderais ,rien, on lui prêterez même (genre ;11Millions d’€,SARKOTHON,GAG !)l’autre tanche de jounaleu,qui faisait un scandale ,parce que MARINE LEPEN est partie chercher des tunes 9 Million d’€ en RUSSIE alors que l’autre escroc à délester 11 Milllions d’€ pour l’ump +les 4 Millions de KADHAFI ,et en plus ,celui-ci ,a eut le culot de faire un SARKOTHON pour justement rembourser l’UMP ,des téléthons ,ou, des actions similaires sont faites pour des causes internationales, et surtout des maladies et non pas l’autre tanche ,dommage qu’il ne fasse pas un film,qui’’s’intitulerais,chais ‘’Tu l’vois, mon doigt, c’est pas mon doigt ! ,ou, SAUVE SARKO MDR.
Pour Infos, : Le « Sarkothon » est terminé. L’UMP a réussi à rassembler les 11 millions d’euros nécessaires pour assurer la survie de L’UMP après l’invalidation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy par le Conseil Constitutionnel. Problème : ces dons vont donner droit à des réductions d’impôt, ce qui pourrait coûter 7,26 millions d’euros à l’État. Est-ce digne de la morale républicaine ?( Par Bruno Roger-Petit)
De Toute façons, on se doutent bien que de se passer le mot aux banques ,pour éviter que MARINE LE PEN fasse ça sa campagne.Vous a permis de vous croire un peu plus fort un moment, mais un moment seulement, car, vous faites vraiment tous ce qu’il faut justement ,pour qu’elle soit élue ,comme valls avec DIEUDONNE(C’est pas lui justement ,qui fut son meilleur impresario,)on se doute bien que si, on essaye par tous les moyens de l’ en empêcher ,c’est qu’elle gène ,et si elle gène ,cela veut dire qu’elle est proche de la présidence,Ce que certains, n’ont pas piger,c’est que plus,vous aller la faire chier ,plus ,il y aura du monde, qui votera pour elle, plus ,vous étes prés de la porte,vous n’avez jamais été aussi prés ,vous n’étes pas arrivé !!!!!!

j’ étais entrain de me poser la question :, comme quoi, étant au 21 éme siecle , en 2014,il était anormal que des banques (Françaises) de la communauté, international, ne puissent prêter que cela à un parti politique ,ou autre ,fusse-t-il du camps adverses, car normalement c’est le Conseil Constitutionnel qui approuve ,ou ,désapprouve les comptes de campagne,le juge de paix,c’est lui ;J’étais en train de penser que le fait de vendre l’Aéroport de BLAGNAC ,a des chinois(mais que ,cela soit des chinois, des américains, des Russes ,des Mexicains ,etc…. !à 49.*9% de minorité pour l’instant ,de vendre
aussi ALSTOM ,aux américains,a force de défigurer la France , comme, vous le faite, sachez qu’il n’y a que les montagnes ,qui ne se rencontrent pas que cette défiguration. Vous payerez tôt ou tard, mais là ,il sera trop tard, le mal a été fait.Je pense sincérement qu’ily a des carrières politiques, qui vont s’arrêter par la force des chose.

J’étais entrain de penser à la fameuse Europe,que De Gaulle voulait mais, certainement pas ,comme ça, (dois je vous rappeler que l’on sortait de la guerre ,et que pour lui,lintérét de la France était une France souveraine,et non ce boulet
Financier que l’on traine Cette Loi Rotschild,Cette Arnaque ,d’ailleurs ,c’est en lisant ,un article s’intitulant1944-46-LA LIBERATION ,RESTAURER LE RANG .que l’on comprend mieux !!!Normalement, les couples ,qui vont faire des achats relativement(voiture, appartement, mobiliers, travaux, bref …..etc….. ! ,surtout, on ne doit pas dépasser 33% d’endettement, supposé, que vous n’avez encore rien acheter, mais ,que vous soyez dé jà ,endetté, normal…..quoi !
Ce qui fait que ,si je veux m’acheter, une belle caisse, la nouvelle TT, une baraque, mobilier(cuir de préférence)ex :
EH !et BEN j’peux point ,because ,j’ai déjà 33% d’endettement, donc, ADIEU, veaux, vaches, cochons, poulets , N’ayant pas eut papa et maman ,,comme garant, j’ai pu qu’a bosser, à fermer ma bouche ,et me réveiller,quand mes cheveux s’ront gris, ai de me dire,si j’avais su. !
J’étais en train de penser,que Mme HIDALGO ,veut arrêter le Diesel,très bien ,qu’elle commence parle commencement
Qu’elle ne fasse pas ,comme cette tanche de Delanoé ,avec les voies sur berges 2+2=4,et non 5
Qu’elle commence par équiper ses bus,taxis ,déjà avec ça ,elle a de quoi faire.
De Gaulle, une première vision de l’Europe 1944-46 LA LIBERATION
RESTAURER LE RANG
Tiré de Jean-Paul BLED
De De Gaulle, une première vision de l’Europe, Espoir n°99, 1994
Après que 1943 a marqué le retournement du conflit à l’avantage des alliés, la guerre est entrée, en 1944, dans sa phase ultime. Après les débarquements alliés en Normandie, puis en Provence, les armées allemandes, même lorsqu’elles continuent d’apposer une âpre résistance, reculent sur tous les fronts. Au terme.de l’année, le sort de la guerre paraît scelle. La plus grande partie du territoire français est libérée ; en Italie, les alliés progressent vers le Nord ; si, à l’Ouest, la bataille d’Allemagne n’est pas encore engagée, à l’Est, l’Armée rouge a pénétré sur le territoire du Reich. Il ne peut donc plus s’agir que de quelques mois avant que le conflit ne connaisse son dénouement.
Dès lors, la priorité tend à passer à la définition de l’ordre qui sera instauré, en Europe, à la fin des hostilités. La question n’est évidemment pas nouvelle. Alors même que la victoire apparaissait encore lointaine, les responsables alliés n’ont cessé d’y appliquer leur réflexion. Mais, depuis le tournant de 1943, elle a pris une dimension nouvelle. Au cœur des échanges entre les diplomaties des trois grandes puissances alliées, des rencontres de leurs ministres des Affaires étrangères, elle a été débattue, en novembre 1943, par Staline, Roosevelt et Churchill, lors de leurs entretiens de Téhéran. En cette fin de l’année 1944, une nouvelle rencontre des Trois Grands se prépare. Elle se tiendra, en février, à Yalta. Bien qu’il soit tenu à l’écart de ces réunions, le général de Gaulle attache, il va de soi, une importance primordiale à la forme qui sera donnée à la nouvelle architecture de l’Europe et il entend bien associer la France à la fois à son élaboration et à sa mise en place. Si cette préoccupation a toujours été présente à son esprit, sa vision de l’avenir de l’Europe se précise en cette année 1944, à mesure que les échéances se rapprochent.

Porté à voir dans les efforts de la SDN pour organiser la sécurité collective une version moderne de la toile de Pénélope, Charles de Gaulle n’a, dans cette période de l’Entre-deux-guerres, certainement pas été touché par la grâce de l’esprit genevois. Pas davantage il n’a été conquis par l’idée d’une Fédération européenne, telle qu’Aristide Briand l’a présentée à la tribune de la SDN. Cette réaction renvoie à sa critique de fond de la politique de Briand à qui il reproche de sacrifier les intérêts de la France contre un illusoire rapprochement avec l’Allemagne. Dans le couple Briand-Stresemann, c’est le second, il n’en doute pas, qui mène le jeu pour libérer l’Allemagne des astreintes que le traité de Versailles lui a imposées et lui rendre sa liberté d’action.

L’Europe est alors comprise par de Gaulle comme l’espace à l’intérieur duquel le destin de la France s’accomplit. Avec pour conséquence que son organisation doit s’accorder avec les intérêts de la France et donc, au premier chef, donner satisfaction à son exigence de sécurité par rapport à l’Allemagne qui, après deux guerres terribles, est installée dans la position de l’ennemi héréditaire. Cette exigence de sécurité sera assurée par un système d’alliances destiné à empêcher l’Allemagne de céder de nouveau à la tentation de la puissance. Pour l’en détourner, une action concertée de Paris et de Londres s’impose ; la France doit en outre cultiver ses alliances conclues au Centre et à l’Est de l’Europe, ce qui suppose qu’elle soit prête à honorer ses engagements si l’Allemagne devait menacer l’indépendance de ces Etats ; enfin, quelque jugement qu’il porte sur son régime, de Gaulle inclut dans ce dispositif l’Union soviétique, héritière de la Russie des Tsars, qui, dans cette combinaison, jouera comme naguère le rôle d’allié de revers. Il y a là, au total, une conception très traditionnelle, centrée, dans la tradition de Poincaré et de Foch, sur l’antagonisme franco-allemand et qui, à aucun moment, n’imagine l’Europe comme un ensemble d’Etats solidaires.

En 1944, dans la perspective de la victoire prochaine, le général de Gaulle accorde une attention prioritaire au problème allemand. Comme après la Première Guerre mondiale, l’avenir de l’Europe dépendra d’abord du règlement qui lui sera donné. Ainsi que l’histoire des dernières décennies l’a amplement démontré, cette question est, pour la France, proprement vitale. La sécurité de la France exige que l’Allemagne soit enserrée dans un système de gages et de garanties qui l’empêche de recouvrer les moyens de la puissance.

La France est-elle toutefois en état de faire prévaloir ses vues ? Une analyse objective du rapport des forces incite à penser qu’elle aborde cette phase diplomatique dans des conditions moins favorables qu’en 1918. En cette année 1944, la donne est profondément différente. Cette guerre a été marquée par l’effacement de l’Europe continentale. Si certains Etats se sont alignés sur les puissances de l’Axe et doivent donc s’attendre à en subir les conséquences, la plupart des gouvernements légitimes des pays vaincus, refusant la défaite, se sont réfugiés en Angleterre pour continuer la lutte. Il est pourtant à craindre que la future organisation de l’Europe soit décidée en dehors d’eux.

Quant à la France, le combat des Français libres a sauvé son honneur. Avec les années, sa contribution à la guerre a grandi. Il reste qu’à l’heure des choix, elle risque de souffrir de son absence relative du conflit. Qu’elle soit tenue à l’écart des conférences où l’avenir de l’Europe est débattu en est la triste illustration. Analysant cette situation, le général de Gaulle peut donc constater : « Il n’est que trop clair que ce qui, dans la politique actuelle du camp de la liberté, gêne l’équilibre désiré, c’est l’absence de la plus grande partie de l’Europe. »

La guerre a vu surgir deux colosses dont l’un est extérieur à l’Europe, même s’il y a puisé sa substance, et dont l’autre occupe sur le continent européen une position périphérique. 11 ne viendrait certes pas à l’esprit du général de Gaulle de contester l’importance capitale de la contribution des Etats-Unis comme de l’Union soviétique à la victoire des alliés ; en revanche, il ne doute pas que l’affirmation de leur puissance ne pose, au lendemain de la guerre, aux Etats européens le problème de leur indépendance.

Dès les jours sombres de juin 1940, le général de Gaulle a vu dans l’entrée des Etats-Unis dans la guerre une des conditions de la victoire. Aussi, lorsqu’elle se produit en décembre 1941, la salue-t-il comme un événement décisif qui doit transformer le visage de la guerre. Mais, dans le même temps, il ne lui échappe pas qu’à terme, cette situation recèle une grave menace. Les prétentions américaines à dicter la future organisation de l’Europe risquent d’être à la mesure du rôle qu’ils auront joué dans sa libération : « Devant l’énormité des ressources américaines et l’ambition qu’avait Roosevelt de faire la loi et de dire le droit dans le monde, s’inquiète le général de Gaulle, je sentais que l’indépendance était bel et bien en cause. »

Le général de Gaulle n’a jamais douté que l’Union soviétique n’appartint à l’Europe. Au reste qu’il l’appelle pour ainsi dire systématiquement la Russie le prouve assez bien. Pour l’avenir, selon un schéma traditionnel, il lui assigne un rôle de contrepoids face à la menace allemande. C’est en partie le sens du voyage qui le conduit à Moscou, en décembre 1944. Mais l’Union soviétique risque d’avoir des ambitions bien plus vastes. L’emprise qu’elle est en passe d’établir sur l’Europe centrale et orientale menace de constituer un grave facteur de déséquilibre.

Le général de Gaulle est bien résolu à s’opposer à la réalisation d’un scénario qui verrait l’avenir de l’Europe être tranché en dehors des Européens : « Il n’est pas question, martèle-t-il dans son discours du 12 septembre 1944, de décider sans la France quoi que ce soit qui concerne l’Europe ». Dans la logique de cette déclaration, il protestera contre le refus des Trois Grands d’associer la France à la conférence de Yalta et ne s’estimera pas tenu par les décisions qui y auront été arrêtées. De là ses diatribes contre l’Europe de Yalta qui reviendront comme un leitmotiv dans son discours.

Le général de Gaulle ne prône pas pour autant les vertus d’une politique solitaire. Il sait que la France ne pourrait faire entendre sa voix si elle prenait ce parti. Très tôt, il s’est affirmé partisan d’une bonne et solide alliance avec le Royaume-Uni. « Cette guerre, si elle est gagnée, déclara-t-il, le 25 novembre 1941 ; à Oxford, doit avoir pour première conséquence l’établissement d’une collaboration franco-anglaise plus franche et plus solide qu’elle ne le fut jamais. » Les leçons du passé suffiraient à en souligner la nécessité. Les succès d’Hitler s’expliquent pour partie par l’incapacité des deux puissances à définir une politique commune face à la montée des périls : « C’est entre deux politiques désunies qu’est passée l’agression allemande », rappelle-t-il dans le même discours. Cette alliance doit donc d’abord permettre de contenir une nouvelle menace allemande. Mais le général de Gaulle lui assigne un autre objet : facteur d’équilibre dans le rapport des forces elle aidera â une meilleure prise en compte des intérêts européens par les Etats-Unis et l’Union soviétique.

Cette alliance pourrait être le cœur d’une entente plus vaste. Dès le 11 novembre 1942, le général de Gaulle en évoque, à grands traits, la perspective, devant les Français réunis à l’Albert Hall : « Elle (la France) souhaite désormais tout faire pour qu’en Europe ceux dont les intérêts, le souci de leur défense et les besoins de leur développement son conjugués avec les siens se lient à elle, comme elle-même à eux, d’une manière pratique et durable. » Si le propos demeure général et s’il reste notamment à tracer dans l’espace les limites de cette entente, une idée-force apparaît qui se retrouvera maintenant dans toutes les interventions du Général sur la question : cette association d’Etats ne prendra pas seulement la forme classique d’une alliance militaire. Elle revêtira également une dimension économique. En d’autres termes, la solidité de l’alliance s’appuiera sur la solidarité économique des Etats qui y auront adhéré.

Le général de Gaulle précise et développe sa pensée, à plusieurs occasions, dans le courant de l’année 1944, notamment dans son discours du 18 mars et lors de sa conférence de presse du 21 avril : « Pour ce qui concerne la France, souligne-t-il, nous pensons qu’une sorte de groupement occidental, réalisé avec nous, principalement sur la base économique, et aussi large que possible, pourrait offrir de grands avantages » ; « J’ai dit, poursuit-il, que, dans cette Europe (…), il nous paraissait souhaitable qu’au point de vue -économique notamment, se réalisât à l’ouest de l’Europe une sorte de groupement dont les artères pourraient être Manche, Méditerranée et Rhin. »

Ces propos appellent plusieurs remarques. En premier lieu, la dimension économique du projet est de nouveau fortement soulignée. D’autre part, le général de Gaulle parle, en ces deux occasions d’un « groupement » d’Etats. S’il reste vague, ce terme donne à penser que cette association prendrait une forme organique et structurée. Faut-il imaginer que le général de Gaulle aurait en vue une fédération ? Il est vrai qu’il emploie le mot dans une lettre adressée, le 15 juin, à René Massigli. Il convient cependant de ne pas en tirer de conclusion hâtive. Sa formation ne prépare pas le général de Gaulle à avoir une parfaite maîtrise des catégories juridiques et sans doute ne fait-il pas alors clairement la différence entre les concepts de fédération et de confédération. Au reste, il a pris soin, dans sa déclaration du 18 mars, de rappeler que ce groupement d’Etats serait à réaliser « sans que doive être, bien entendu, entamée la souveraineté de chacun », un rappel qui exclut ipso facto la formule d’une fédération.

Enfin, alors qu’il était resté jusqu’à présent dans le vague sur ce point, le général de Gaulle entreprend, cette fois, de dessiner les contours de ce groupement. Selon lui, celui-ci aura pour artères la Manche, la Méditerranée et le Rhin. Dans sa lettre à René Massigli, il se fait encore plus précis. Il y défend, en effet, le projet « d’une fédération stratégique et économique entre la France et la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas, fédération à laquelle pourrait se rattacher la Grande-Bretagne ». Dans la présentation de cet objectif, la référence au Rhin fait problème. On se tromperait en imaginant que le général de Gaulle envisage alors de faire entrer toute la partie occidentale de l’Allemagne dans ce groupement. Cette allusion doit au contraire se comprendre par rapport au programme gaullien d’un éclatement du Reich. Détachée du reste de l’Allemagne, la Rhénanie, zone traditionnelle d’influence de la France, prendrait place dans cet ensemble. La lettre à René Mas¬sigli est, à cet égard, d’une parfaite clarté. Le général de Gaulle y évoque la perspective d’un « rattachement de la Rhénanie à un bloc occidental », c’est-à-dire à la fédération stratégique et économique qu’il appelle de ses vœux.

Reste le cas de la Grande-Bretagne. L’emploi du conditionnel (« fédération à laquelle pourrait se rattacher la Grande-Bretagne ») donne à penser que le doute a commencé de s’installer dans l’esprit du général de Gaulle. Il continue certes d’être partisan de l’alliance franco-britannique, indispensable, selon lui, pour permettre aux deux pays de faire contrepoids aux puissances américaine et soviétique. Conséquence de l’état d’affaiblissement dans lequel ils sortiront, l’un et l’autre, de la guerre, seuls ils seraient dans l’incapacité de tenir ce rôle ; en conjuguant leurs forces, ils seraient, au contraire, en mesure de peser sur les décisions qui fixeront le nouvel ordre européen : « Pour affronter un monde tout nouveau, développe le général de Gaulle auprès de Churchill, en novembre 1944, nos deux anciens pays se trouvent affaiblis simultanément. S’ils demeurent, en outre, séparés, pour combien comptera chacun d’eux ? ».

Mais le général de Gaulle ne peut ignorer que Londres a choisi un autre chemin. En chaque occasion où il a dû trancher entre les Etats-Unis et la France, c’est-à-dire, à travers elle, l’Europe, Churchill a opté pour le grand large. A quoi s’ajoute le jeu des Britanniques dans des régions du monde où les intérêts français sont engagés. Après l’affaire de Madagascar, c’est maintenant au Levant que les Britanniques adoptent une attitude inamicale envers la France. Bref, le général de Gaulle commence de s’interroger sur la sincérité de la volonté européenne de la Grande-Bretagne. S’il reste favorable à une alliance franco-britannique, il n’est plus sûr qu’elle puisse voir le jour. En tout cas, il est exclu qu’elle puisse être signée avant qu’une solution ait été trouvée aux problèmes en suspens entre les deux pays.

Ces années constituent une première étape dans la réflexion du général de Gaulle sur l’Europe. Confirmation du pragmatisme gaullien, celle-ci évoluera en accord avec le mouvement de l’histoire. Pour l’heure, le général de Gaulle n’incorpore à son projet européen qu’un tronçon de l’Allemagne. Or, quelques années plus tard, revenant sur son idée d’un démembrement du corps germanique, il y associera toute l’Allemagne occidentale, sous l’effet de la Guerre froide et de la création de la République fédérale. Au pivot franco-britannique il substituera un axe franco-allemand. Mais, pour spectaculaire qu’elle soit, cette révision est déjà comme en germe dans sa méfiance croissante envers la Grande-Bretagne.

On voit donc apparaître alors des idées-force qui seront des constantes de la pensée gaullienne. Selon la voie tracée dans les années de guerre, les différents projets européens du général de Gaulle associeront un double volet stratégique et économique ; en second lieu, l’Europe doit se construire dans le respect de la souveraineté des Etats, un postulat qui entraîne le rejet de la supranationalité et de superstructures bureaucratiques ; enfin, ce groupement occidental est compris comme facteur d’équilibre, l’ « élément nécessaire de compensation et de compréhension entre les colosses américain et soviétique », ce qui revient à dire que cette union devra mener une politique indépendante qui ne soit assujettie à aucun des deux géants. Si le général de Gaulle ne lancera que plus tard la formule de l’ « Europe européenne », l’idée sous-tend déjà sa pensée et son action.

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